Emmanuelle Gary

Emmanuelle Gary : Avec cette série Butterfly(e)s, j’ai voulu donner à voir des corps
qui ne seraient pas reconnaissables facilement. Un genre difficile à saisir, souvent flou,
qui questionne le spectateur sur l’identité de genre des modèles et sur l’absurdité
de vouloir obligatoirement tenter de le définir.

Dans cette persistance que le spectateur a de tenter de voir qui est une femme
et qui est un homme, j’espère le faire réfléchir et le déstabiliser.
Sans repère et sans explication, il trouvera alors la réponse à sa quête
dans le simple fait que les modèles existent tels qu’ils sont
et n’ont rien à prouver pour exister.

Ce projet vise à donner de la visibilité aux multitudes de genres qui existent
et qui ne sont pas assez représentés. Il s’agit d’un projet documentaire qui associe
aux photos des interviews vidéo ou audio de personnes ayant des ressentis
et des parcours différents.

L’idée principale étant de sensibiliser les gens sur les termes et pronoms
que nous employons pour nous définir, et donner raison à la diversité
des genres plutôt qu’à la binarité de notre société.

Les corps sont donc volontairement floutés par un dispositif que j’ai mis en place
à la prise de vue, et cela créée une ambiguïté et un questionnement.
Cela exprime également à mon sens que nos corps sont muables,
même s’ils ne correspondent pas forcément au genre
qui nous a été assigné à la naissance.

De même que les papillons qui se métamorphosent, ma série « Butterfly(e)s »
suggère que nos corps, comme des chrysalides, ne sont que des enveloppes
qui peuvent se transformer.

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